Quand les étudiants en médecine se font maltraiter à l’hôpital

Omerta à l’hôpital, un livre du Dr Valérie Auslender, compile 130 témoignages restés anonymes par peur de représailles … Des étudiants en médecins, des élèves infirmiers, sages femmes et autres professions médicales font état de harcèlements, humiliations, moqueries, et maltraitance durant leurs stages à l’hôpital public … parfois jusqu’au suicide.

ARTICLE :

ce document-choc, le Dr Valérie Auslender, médecin généraliste attachée à Sciences Po et ex-journaliste, compile des témoignages effrayants d’étudiants en médecine harcelés, humiliés, maltraités à l’hôpital. On y rencontre une infirmière débutante qui doit retourner une patiente de 120 kilos sous les moqueries d’une aînée qui claironne : « Tu verras, des obèses qui te cassent le dos, t’en auras. » Il y a aussi une aide-soignante interdite de toilettes pendant douze heures d’affilée, pendant trois ans, qui ne peut désormais plus uriner et doit se soulager via une sonde. Ou un jeune médecin bouleversé pour avoir dû « violer » une femme endormie pour une IVG, en pratiquant un toucher vaginal sans consentement préalable, à la queue leu leu avec quatre autres étudiants.

Une enquête nationale avait été réalisée en 2013 sur les violences subies par les étudiants en médecine, montrant que plus de 40 % avaient souffert de pressions psychologiques, et 50 % de propos sexistes. Valérie Auslender a lancé un appel à témoignage en août 2015, qui a permis de mettre des visages sur ces chiffres. Elle fait également réagir des spécialistes du milieu hospitalier et de la souffrance au travail, comme Didier Sicard (Comité consultatif national d’éthique), Christophe Dejours (psychiatre) et Cynthia Fleury (philosophe), qui décryptent les ressorts de cette violence et de la loi du silence à l’hôpital.

 

lire sur lesechos.fr

publié le 10 mai 2017

Découvrez d'autres articles :

Laisser un message