Répression en Egypte : la France ferme les yeux sur la vente d’outils de surveillance de masse par Amesys

#Amesys, entreprise française poursuivie pour complicité de torture en Libye a poursuivi ses ventes dans les pays aux régimes répressifs tels que l’Egypte du général Al-Sissi sous l’oeil peu regardant des autorités françaises pourtant censées donner leur accord pour la vente de ces systèmes … les conséquences sont désastreuses en terme de droits humains.

ARTICLE :

L’entreprise française #Amesys — bien que poursuivie en justice pour #complicitédetorture en Libye — a continué, par des biais détournés, à vendre ses solutions de #surveillancedemasse à destination de plusieurs pays aux régimes répressifs, dont l’#Egypte du général #alSissi. Les autorités françaises sont pourtant censées donner leur accord à la vente de ces « biens à double usage » à des pays-tiers… depuis 2014. 

C’est une entreprise qui a changé de main après le scandale de la vente de son système d’écoute #Eagle aux autorités libyennes. Un système de surveillance numérique de masse révélé en mai 2011 par des journalistes français du site reflets.info et confirmé par les équipes du Wall street journal à la chute de #Kadhafi, quelques mois plus tard. Le nom de cette entreprise française est désormais connu, puisque la #FIDH (Fédération internationale de droits de l’homme) a porté plainte contre elle en mai 2012 : Amesys.

Depuis cette plainte, Amesys, alors filiale de Bull, a changé de main et même de nom, mais continue à signer des contrats pour le même type de systèmes de surveillance d’Etat que celui vendu au dictateur libyen. Si les noms changent, les acteurs et les technologies sont les mêmes, tout comme les conséquences. Désastreuses en termes de #droitshumains.

Maroc, Gabon, Emirats-Arabes Unis… et Egypte

En 2013, le directeur commercial d’Amesys crée Nexa Technologies, basée en France, ainsi qu’une filiale, Advanced Middle East SYStems (AMESYS), basée à Dubaï . Le système de surveillance Eagle — celui mis en cause en Libye  — a alors été vendu à la maison mère Nexa Technologies qui l’a renommé « Cerebro » et le fait commercialiser depuis par Advanced Middle East SYStems. L’entreprise Amesys d’origine, quant à elle, a été rachetée par le groupe informatique Atos, désormais amputée de son activité de surveillance.

Selon la récente enquête de Telerama publiée le 5 juillet dernier, c’est avec ces deux nouvelles entreprises — Nexa et Advanced Middle East SYStems —  que le système de surveillance numérique de masse « #Cerebro  » a été vendu au Maroc, au Gabon, aux Emirats-Arabes Unis et à l’Egypte du général al-Sissi. Les Etats en question peuvent donc désormais surveiller les communications de leurs citoyens de façon ciblée ou plus généralisée. Heures de connexions, sites visités, contacts, localisation : Cerebro permet aux services de police, du renseignement, à l’armée, de repérer toute personne considérée comme gênante ou suspecte. Et au delà des informations globales — que l’on nomme métadonnées — le système permet aussi de capturer le contenu des communications, et donc de lire les mails des internautes, leurs échanges en messagerie directe (chat), leur données Facebook privées, leurs appels vocaux.

lire sur tv5monde.com – publié le 8 juillet 2017

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