Pollution ArcelorMittal à Florange : le lanceur d’alerte contre-attaque

Dans une vidéo publiée par le Républicain Lorrain,  le lanceur d’alerte parle pour la première fois à visage découvert et explique les raisons pour lesquelles il a révélé la pollution organisée par ArcelorMittal. Alors que l’entreprise nie toute pollution du site et a publié hier les conclusions d’une « enquête interne ». Epuisé mais déterminé, il ira jusqu’au bout. Pour lui, c’est bien de l’acide qu’il a déversé sur le Crassier de Marspish.

 

ARTICLE :

Alors que le groupe #ArcelorMittal publiait les conclusions de son enquête interne mardi soir, niant catégoriquement toute #pollution, le #lanceurdalerte a décidé de contre-attaquer en nous transmettant une vidéo dans laquelle il témoigne à visage découvert pour la première fois. Epuisé mais déterminé, il maintient ses accusations et promet qu’il ira jusqu’au bout.

A la fin de la vidéo, exténué, à bout, il ne peut retenir ses larmes, en déclarant faire tout ça pour une « question de dignité envers ses enfants ». Alors qu’ArcelorMittal a publié les résultats de son enquête interne mardi soir ( RL d’hier), dans l’affaire du crassier de Marspich, niant catégoriquement toute pollution, le lanceur d’alerte a décidé de réagir et de contre-attaquer. Il nous a transmis hier soir un document filmé dans lequel il maintient sa version et ses accusations. Surtout, il franchit le pas de témoigner pour la première fois à visage découvert, face caméra (sans dévoiler son nom).

« Je ne fais pas ça pour l’argent »

Un peu plus tôt au téléphone, il nous confiait être épuisé, « ne plus dormir depuis des jours », mais souhaite aller au bout de sa démarche. « J’abandonne l’anonymat, peu importe, au point où on en est. » Pour tourner cette vidéo, il s’est déplacé en train jusqu’à Lyon, où le site i-boycott l’a aidé. C’est un membre de ce même site qui a lancé, avec d’autres, une campagne de soutien financier sur Leetchi, qui a déjà permis de récolter 22 000 €. Depuis qu’il a tenté de dénoncer la pollution sur le crassier, dans un premier temps en interne, ensuite dans nos colonnes ( RL du 29 juin), le lanceur d’alerte assure vivre une période très difficile. Il ne trouve plus de travail et tient pour responsable le géant de l’acier.

Dans l’extrait que nous publions sur notre site, il maintient ses accusations. Pour lui, aucun doute : « C’est bien de l’acide que j’ai déversé sur le crassier et non des boues d’hydroxyde de fer comme le prétend Arcelor. On le voit sur ma première vidéo, il s’agit d’un produit liquide, jaune fluo, rien à voir avec des boues. » Il précise qu’au moment des analyses de la Dreal et de l’enquête interne du groupe, il n’a pas été sollicité, ce qui aurait pu être utile pour déterminer l’endroit exact du déversement.

Il insiste ensuite sur le fait qu’il se sent « petit, tout seul » face aux deux géants que sont Suez et ArcelorMittal. « Dès le début, je savais ce que je faisais, que j’étais dans l’illégalité lorsque j’ai déversé ces produits. J’ai décidé de témoigner, pas pour l’argent, mais pour qu’ils écrivent noir sur blanc ce qu’ils ont déversé. »

lire et voir sur lerepublicain-lorrain.fr – publié le 26 juillet 2017

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