Quand Ouest-France permet à Urvoas d’attaquer un lanceur d’alerte

La protection des sources mise à mal par un responsable du quotidien Ouest-France … c’est ce qui permet à Jean-Jacques Urvoas d’attaquer pour « violation de la vie privée » un jeune juriste lanceur d’alerte qui avait officieusement et légalement révélé comment l’ancien garde des sceaux avait acquis sa permanence parlementaire. Ce dernier déclarait pourtant en 2016 qu’il voulait protéger fermement les lanceurs d’alerte …

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Jean-Jacques Urvoas, ancien garde des Sceaux et candidat malheureux à la députation, traîne devant les tribunaux un lanceur d’alerte de Quimper qui a révélé les conditions d’achat de sa permanence parlementaire. Mais, au lieu de le poursuivre au pénal pour diffamation, l’ancien élu l’attaque au civil, pour “violation de la vie privée”, sur la base d’un SMS que lui a imprudemment transmis un responsable du quotidien Ouest-France.

“La seule protection, aujourd’hui, des lanceurs d’alerte, c’est leur notoriété. C’est pourquoi nous allons les protéger davantage.” Cette affirmation péremptoire et ferme de #JeanJacquesUrvoas (Slate.fr, 13/06/2016), alors garde des Sceaux du gouvernement Valls, semble avoir du plomb dans l’aile. L’ancien député PS du Finistère, battu en juin dernier, vient d’intenter une procédure judiciaire au civil contre Jérôme Abbassene, un jeune juriste #lanceurdalerte membre de Cicero 29, une association locale de lutte contre la #corruption. Cet ancien candidat aux municipales (sous l’étiquette “Vivre Kemper”, un mouvement “d’intérêt local, hors partis”) a dénoncé au début de l’été 2017 la manière dont Jean-Jacques Urvoas avait acquis sa vaste permanence parlementaire, située au cœur de Quimper. L’ancien ministre le poursuit pour “violation de la vie privée”, au motif que #JérômeAbbassene aurait diffusé un acte administratif le concernant, en l’occurrence un acte de “liquidation de communauté”. Problème, le lanceur d’alerte n’a jamais diffusé publiquement ce document – qu’il a obtenu, assure-t-il, “légalement et loyalement auprès des services fiscaux” : il l’a envoyé à un responsable du quotidien régional Ouest-France, pensant naturellement que ce dernier protégerait son identité.

lire sur lelanceur.fr – publié le 11 septembre 2017

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