Suicide d’un neurochirurgien : au CHU de Grenoble, c’est la stupéfaction

L’association Jean-Louis Mégnien alerte sur la trop longue liste de suicides ou tentatives touchant les agents de l’hôpital public. Le brillant neurochirurgien pédiatrique âgé de 36 ans s’est suicidé dans l’un des bureaux jouxtant le bloc opératoire de l’hôpital Michallon. Même si des problèmes personnels sont invoqués, chacun sait la signification du suicide sur le lieu de travail.

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Hôpital. Les collègues du neurochirurgien de 36 ans qui s’est donné la mort à Grenoble sont sous le choc. Une association alerte sur la « longue liste » des suicides à l’hôpital public.

Il avait 36 ans, des enfants, une brillante carrière et une sympathie unanimement saluée. Qu’est-ce qui a pu pousser Laurent, un chirurgien spécialiste en neurochirurgie pédiatrique, à se donner la mort sur son lieu de travail, au Centre hospitalier universitaire de Grenoble (CHU), dans l’Isère ?

Son corps a été découvert à l’aube, jeudi, dans l’un des bureaux jouxtant le bloc opératoire de l’hôpital Michallon. Selon nos confrères de France Bleu Isère, une lettre mais également une seringue contenant de l’insuline et du curare (un produit paralysant les muscles) auraient été retrouvées à proximité. L’autopsie, prévue hier, devrait en dire davantage sur les circonstances du drame.

« On veut savoir pourquoi », note un docteur qui travaillait avec ce « chirurgien excellent et homme extraordinaire ». Selon un médecin et ami de Laurent, ce dernier souffrait de « gros problèmes personnels » qui auraient motivés son geste.

Mais un autre proche s’interroge. « On ne vient pas se suicider sur son lieu de travail pour rien. Or, le bloc opératoire est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous. Il y a plusieurs mois, il a été réorganisé, avec des modifications d’horaires et l’impression que l’argent prime sur tout. Cela a même entraîné des grèves. Depuis, beaucoup sont à bout », nous confie ce médecin. « Ces derniers mois, Laurent était éreinté, crevé par ses gardes à répétition. Il avait beaucoup maigri. A certains, il avait parlé de son inquiétude, de son souci pour l’avenir de la neurochirurgie au CHU », reprend le soignant, notant « qu’ici, on oscille donc entre tristesse, colère et inquiétude pour l’avenir ».

lire sur leparisien.fr – publié le 4 novembre 2017

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