Les lanceurs d’alerte défendent l’intérêt général

Même si certains, souvent à l’origine de situations contraires à l’intérêt général, entretiennent la confusion entre délation et information, il est évident pour la population que les révélations faites par les lanceurs d’alerte permettent une prise de conscience  nécessaire : Médiator, Surveillance de masse (Qosmos), LuxLeaks, Lyon-Turin, etc. Sans ces témoins qui ont révélé des systèmes parfois criminels, nous ne saurions rien.

ARTICLE :

Alors que les lanceurs d’alerte de l’affaire LuxLeaks Antoine Deltour et Raphaël Halet comparaissaient devant la Cour de cassation, hier jeudi 23 novembre à Luxembourg (le délibéré sera rendu le 11 janvier 2018), les auteurs de cette tribune rappellent que les lanceurs d’alerte ne font qu’exercer leurs droits en conscience de l’intérêt général.

Irène Frachon, James Dunne, Antoine Deltour et Daniel Ibanez ont lancé l’alerte : Irène Frachon sur le Mediator, James Dunne contre les crimes du dictateur syrien, Antoine Deltour sur sur l’évasion fiscale au Luxembourg, Daniel Ibanez sur les conflits d’intérêt autour du Lyon-Turin.

Lancer l’alerte n’est, ni plus ni moins, que le fait d’informer la population de faits et de situations qui l’intéressent, au sens où elle y a intérêt. Le lancement d’alerte touche nos vies et nos sociétés au quotidien, par la révélation et la prise de conscience de situations que l’on ignore ou auxquelles nous n’avions pas réfléchi. Pourtant, la confusion entre délation et information subsiste, entre lancement d’alerte et complotisme aussi. Cette confusion est largement entretenue par ceux-là mêmes qui sont à l’origine des situations contraires à l’intérêt général.

L’intérêt général commande de divulguer la nocivité du Mediator et les pratiques des laboratoires Servier, de savoir que la France vend des systèmes de surveillance massive utilisés par les dictatures contre leurs opposants, de révéler que le Luxembourg se livre à l’organisation, à grande échelle, d’une concurrence fiscale déloyale, de savoir que des milliards d’euros d’argent public sont dépensés dans des infrastructures sur la base de prévisions fantaisistes et d’analyses biaisées, réalisées par des cabinets intéressés aux dites opérations, de publier les informations sur les perturbateurs endocriniens dans les produits consommés chaque jour ou les risques pour les personnes exposées à l’amiante… Pollution, réchauffement climatique, maltraitance, évasion fiscale organisée… nos vies, nos sociétés sont quotidiennement exposées.

Certain.e.s osent révéler les dangers, les dysfonctionnements et subissent la plupart du temps les représailles, allant jusqu’aux assassinats, de ceux qui protègent leurs intérêts particuliers au préjudice de l’intérêt général.

Nous publions et nous diffusons ce qu’il est convenu d’appeler des alertes. Nous le faisons sur la base de preuves et dans le cadre précis de ce qui est exigé de toute personne qui s’exprime publiquement. Le cadre juridique existe déjà, comme le montre la Cour européenne des droits de l’homme dans ses jurisprudences au nom de la liberté d’information, de pensée et d’expression.

 

lire sur reporterre.net – publié le 24 novembre 2017

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