La production croissante de biocarburants entraîne au moins 192 000 décès par an

BIocarburants et décés par an

L’augmentation de la demande mondiale pour les biocarburants, principalement due aux politiques des pays industrialisés qui cherchent à améliorer l’indépendance énergétique et à freiner le réchauffement climatique, a contribué à la hausse des prix alimentaires mondiaux. En conséquence, plus de personnes dans les pays en développement souffrent à la fois de faim chronique et de pauvreté absolue (moins d’1.25$ par jour).

192 000 décès liés aux biocarburants par an

Le Docteur Indur M. Goklany, expert en évaluation des risques environnementaux et ancien chercheur de l’EPA, avait publié une étude dans le journal de l’association américaine des physiciens et des chirurgiens (AAPS). Cette analyse concluait que la production de biocarburants entraînerait au moins 192.000 décès supplémentaires et la perte de 6,7 millions d’AVCI (Année de vie corrigée de l’incapacité) par an. Il s’agit d’une mesure d’écart de santé mise au point par l’OMS en vue d’estimer le poids d’une maladie pour une population donnée. Les AVCI équivalent à la somme des années de vie perdues (AVP) à cause de la maladie et des années de vie vécues avec une incapacité (AVI).

Selon le Dr Indur M. Goklany, les politiques visant à stimuler la production et l’utilisation des biocarburants retardent le progrès des pays en développement en matière de réduction des niveaux de pauvreté et ne ferait qu’exacerber le poids des décès et des maladies liés à la pauvreté.

Des estimations qui dépassent celles de l’OMS

Cette étude exclue l’examen d’un certain nombre de risques pour la santé qui sont, en fait, directement liés à la pauvreté. Cependant, l’analyse n’a examiné les effets de la production de biocarburants sur la pauvreté qu’au-delà de 2004 et ne fournit donc pas une estimation complète de l’effet de toutes les productions de biocarburants. Malgré cette sous-évaluation, ces estimations dépassent celles de l’OMS s’agissant du nombre de décès et de maladies liés au réchauffement climatique qui est de 141 000 décès par an et d’une perte de 5.4 millions d’AVCI par an.

Dr Indur M. Goklany conclut qu’il ne peut n’y avoir aucune analyse honnête des coûts et avantages des politiques sur les biocarburants, si elles ne considèrent pas leurs effets sur les décès et les maladies dans les pays en développement.